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L'appartement de mon père
L'appartement de ma mère

 

Installation interactive performée
Piano droit, livre-partition photographique (64 p.), objets déclencheurs, dispositif sonore interactif, field recordings, mobilier
Dimensions variables
Activation performée — environ 10 à 15 min

Réécriture d’un projet initié sous le titre Sono Ba Sono Ba #2, L’appartement de mon père, l’appartement de ma mère prend la forme d’une installation interactive performée. Un piano droit, un livre-partition, quelques photographies et des objets conservés dans le tiroir d’une table de nuit composent l’auscultation de deux lieux vidés.

Les objets déclenchent des sons enregistrés dans les appartements de mon père et de ma mère. Les photographies servent de partitions pour un piano droit, joué comme instrument classique, mais aussi sur tout les éléments qui le constitue comme meuble . Une carte transparente, sur laquelle est imprimée une tablature pour piano, est posée sur les images. Elle fait apparaître des gestes à assumer à partir de presque rien : un reflet, une tache, une superposition, un accident de lumière, une trace d’usage.

La pièce travaille depuis ces pratiques faibles. Il ne s’agit pas d’interpréter les images, mais de se rendre disponible à ce qu’elles laissent remonter. Les prises de son relèvent du même geste. Tendre l’oreille dans des pièces presque vides. Attendre que le lieu se manifeste par ce qui vient du dehors, les voisins, les courants d’air, les bruits d’immeuble, les frottements, les résonances lointaines.

Rien n’est rejoué comme souvenir dans cette pièce. Les photographies relèvent davantage de l’enquête que de la composition. Elles montrent des traces de vie, des ruines d’intimité, des surfaces pauvres, parfois crues, sans recherche du pittoresque ni de la belle image. Quelque chose d’impudique affleure, précisément parce qu’il ne se passe presque rien. Des pièces vides, des sons ordinaires, des objets qui réveillent par contact une présence sonore.

Le dispositif reste lo-fi. Sa magie est minimale. Toucher un objet, faire surgir un son. Poser une tablature sur une photographie, ouvrir un geste pianistique. L’ensemble tient dans cette exposition fragile d’une intimité abandonnée, à la fois documentaire, domestique et étrangement irréelle. 

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Ensemble de la partition : objets, livre, table de nuit (détail)

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Partition photographique, extrait de la partition, p. 37

Premières versions :

Création mondiale au Théâtre de Bligny (Bliis-sous-Forge) dans le cadre du festival de performances Si (non) oui !, organisé par le Collectif Culture en Essonne. Denis Bernardi, basse-Frédéric Mathevet, Piano et électronique.

The Engine Room 2017: International Sound Art Competition & Exhibition, Morley gallery, London.

Iklectik, ‘Old Paradise Yard’, London.
Denis Bernardi, basse-Frédéric Mathevet, Piano et électronique.

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