• Frédéric Mathevet

Under-score : Partitions Circonstancielles

Mis à jour : 27 juil. 2019

D’une certaine façon, j’ai une écriture du sonore et du musical qu’on pourrait qualifier « de poche ».

« Noter », c’est tout un rituel pragmatique d’organisation de ses poches et du fond de ses poches, pour se rendre disponible au présent. Parce que la pratique de la notation c’est-à-dire la saisie d’une circonstance attend de celui qui s’y adonne une certaine disposition d’esprit et suffisamment de temps pour en saisir le moment et le mouvement.

Pour « noter » il faut être disponible, ce qui engendre toute une quantité de préparations et d’agencements méticuleux de ses crayons, de ces carnets, le micro et l'enregistreur éventuel, qui permettront la pleine réception du présent, d’« ausculter le grand cluster vivant » (Claude Ballif).

Puis, c’est une gymnastique particulière, une pratique qui suppose d’avoir un œil et une oreille sur la page, les deux autres, sur ce qui arrive. Tout le dispositif technique et matériel, préparé pour le moment de la prise de notes, permet d’« écrire le présent en le notant au fur et à mesure qu’il tombe. Des copeaux de présent, tel qu’ils vous sautent à l’observation, à la conscience (R. Barthes) » qui suppose de la notation qu’elle soit une activité extérieure et soudaine.

Alors, « noter » c’est faire une intersection. C'est toute son ambiguïté, la « note » est l'intercesseur (Deleuzien), elle s'interpose, s'oppose pour mieux conserver le mouvement qu'elle réceptionne. La notation est entre la marque, elle isole et elle sacrifie, et le flux, celui du langage de la notation : littéraire, musicale et sonore, graphique... Elle scarifie un mouvement, un déplacement et en engage de nouveaux.

L’incision est la syntaxe d’une pratique nomade du sonore et du musical.

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